La particularité de la Chine réside dans l’important déséquilibre entre les genres lié à la politique de l’enfant unique longtemps exercée. Beaucoup d’hommes chinois, en particulier dans les provinces les plus reculées, cherchent à se marier avec une jeune femme étrangère qu’ils achètent pour quelques milliers de yuans. L’Académie chinoise des sciences sociales estime qu’en 2020, il y aura environ 30 à 40 millions d’hommes chinois de plus que de femmes chinoises en âge de se marier (ABC News, 20 avril 2018). Ainsi, ces dernières années ont mis en lumière un trafic transfrontalier considérable qui consiste à faire venir des femmes étrangères, parfois mineures, pour les vendre à des hommes seuls. Le phénomène des « brides trafficking », trafics de jeunes femmes vietnamiennes de Lào Cai vers la frontière chinoise (UNICEF Viet Nam, Lao Cai People’s Committee, 2016) ou de jeunes femmes mongoles vers Yunnan ou Beijing (ECPAT International, Defence for Children- ECPAT Netherlands, septembre 2015), a récemment révélé les méthodes utilisées par les trafiquants des deux côtés des frontières pour attirer leurs victimes. Vendues par leur famille ou recrutées par coercition ou tromperie (fausses promesses d’emploi ou fausses histoires d’amour), les femmes se retrouvent souvent dans des situations d’esclavage domestique et/ou sexuel et restent en Chine contre leur gré. Face à des groupes criminels et des autorités publiques corrompues, quelques associations tentent de repérer, d’identifier et de secourir ces victimes (South China Morning Post, 2 juillet 2017).

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