Le nombre de victimes en provenance d’Afrique subsaharienne, en particulier du Nigeria, a considérablement progressé : 28 % des réseaux démantelés en 2016 étaient nigérians (8 % en 2015). Près de 15 % des victimes identifiées en 2017 étaient nigérianes, contre 10 % en 2016. « C’est aujourd’hui la première communauté étrangère exploitée sexuellement en France », explique Jean-Marc Droguet, directeur de l’Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains (OCRTEH) (La Croix, 16 mai 2018). Parmi les victimes, les ONG signalent un nombre croissant de personnes mineures de moins de 15 ans (voire 11 ans) et s’inquiètent de ce rajeunissement constant : en 2015, sur 100 personnes prostituées nigérianes détectées à Paris, 25 % avaient moins de 15 ans (GRETA, 6 juillet 2017).
Les réseaux s'appuient aujourd’hui sur les phénomènes migratoires de l'Afrique sahélienne ; les victimes sont transférées par passeurs jusque dans les camps libyens où elles sont regroupées dans des conditions d'existence très rudes, en attendant d'être vendues à des proxénètes installés en Europe. Le processus est toujours le même : recrutées par les filières dans leur pays d’origine, les victimes subissent un envoûtement (le juju) qui les maintient dans un état de vulnérabilité et de soumission extrêmes par croyance et par peur des représailles. Confiées par leur famille à des mamas qui les séduisent par de fausses promesses d’études ou d’emploi, les jeunes femmes doivent ensuite rembourser une dette inépuisable (voyage, passeport…).

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