• Prostitution, traite des êtres humains, exploitation sexuelle...

    nouvelles réponses

    Année après année, ces réalités bouleversent davantage nos sociétés. L'opinion publique s'émeut et les autorités s'emparent de ce problème : les gouvernements commandent des études, les parlements constituent des commissions de réflexion, les médias débattent... Au-delà du constat, des réponses législatives et judiciaires adaptées émergent et des axes d'actions se dégagent.

  • Initier une gouvernance de l'Internet

    Ces derniers mois ont renforcé la prise de conscience des phénomènes d'exploitation sexuelle en ligne. Les plateformes, qui peuvent faciliter la commission de ces dérives, sont désormais ciblées quant à leur responsabilité. Aux États-Unis, l'adoption de la loi FOSTA/SESTA a permis aux autorités la saisie du site Backpage, spécialisé dans les offres de rencontres et de services sexuels tarifés.

    En France, une plateforme d'annonces en ligne, poursuivie en justice pour proxénétisme aggravé, a fermé sa rubrique « Rencontres ». Ce sont les premiers jalons significatifs vers une véritable gouvernance de l'internet.

  • Agir ensemble par la coopération internationale

    Des accords d’entraide judiciaire multilatéraux ou bilatéraux sont conclus entre les pays pour faciliter les coopérations policières et judiciaires, instaurer des échanges d’informations, dans l’objectif de parvenir au démantèlement de filières et d'assurer une meilleure protection des victimes.

    Les succès remportés par ces actions ont convaincu les gouvernements que la coopération internationale est une forme d'action à développer pour combattre la traite des êtres humains, phénomène de criminalité transnationale.

  • Former et sensibiliser

    En informant les publics confrontés aux victimes, on fait progresser la lutte contre le système prostitutionnel et avancer la prise de conscience collective. Les initiatives en ce sens sont nombreuses et positives. La formation des magistrats et des juges permet une meilleure application des lois et l'attribution de sanctions à la hauteur des crimes commis. La sensibilisation des forces de l'ordre et des travailleurs sociaux améliore l'identification et la prise en charge des victimes.

    L'information des professionnels du tourisme, des personnels hôteliers, des compagnies de taxis... aide à lutter contre le développement du tourisme sexuel. Sans oublier la sensibilisation du grand public pour réagir à la banalisation de la prostitution et, plus largement, des violences sexuelles véhiculées par les médias.

  • Protéger les victimes et criminaliser l'achat d'actes sexuels

    Le modèle législatif, appelé modèle nordique (Nordic Model), créé par la Suède en 1999, instaure la dépénalisation et l’accompagnement des personnes se livrant à la prostitution, l’incrimination d’achat d’actes sexuels, la pénalisation des clients et des proxénètes, la sensibilisation de la population et la prévention.

    L'objectif, en inversant la charge pénale et en reconnaissant aux personnes prostituées le statut de victimes, est de dénoncer la prostitution comme une violence faite aux femmes et comme un terreau propice au développement de la criminalité. Alors que les pays réglementaristes, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, sont débordés par la violence et la criminalité, la Suède est le seul pays d'Europe où la traite des êtres humains et le taux de prostitution sont les plus faibles.

  • Abolir les frontières avec les lois extraterritoriales

    Dans la lutte contre le tourisme sexuel, des lois pénales extraterritoriales ont été mises en place dans les pays d'origine des clients prostitueurs pour viser les ressortissants de ces pays (et parfois leurs résidents et leurs visiteurs).

    Elles proposent une réponse adaptée à l'insuffisance des lois répressives dans certains pays de destination, qui constitue un encouragement implicite au développement de ce phénomène. Certes, les poursuites sont difficiles à déclencher du fait de la distance. Mais les premières condamnations ont démontré l'efficacité de ces mesures.

  • Rétablir la réalité et les priorités

    La prostitution n’est ni un travail, ni du sexe : c’est la marchandisation de la personne humaine. Les connaissances que nous avons acquises depuis 1994 sur les réalités de la prostitution nous permettent d’affirmer que la prostitution est une violence. Les personnes prostituées présentent, au bout de quelques années, les mêmes traumatismes que les personnes revenues des camps d’extermination de la dernière guerre.

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les personnes sorties de la prostitution se nomment elles-mêmes « les survivantes », survivors en anglais. Nous constatons, dans tous les pays étudiés, la grande vulnérabilité des personnes au moment de leur entrée en prostitution (à l’âge moyen de 13 ans !). La prostitution est d’une grande violence et les proxénètes s’attaquent aux personnes en situation de vulnérabilité.

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