• Prostitution, traite des êtres humains, exploitation sexuelle...

    Nouveaux défis

    Jamais les facteurs de vulnérabilités n'ont été aussi nombreux et les exploitations des êtres humains aussi intenses, alors même que les relations femmes/hommes sont au coeur des débats.

  • Un cycle de violences

    Le premier enseignement de chaque édition du Rapport mondial est de rappeler que, partout, la prostitution est un système de violences et d'exploitation : violences des clients, des trafiquants et des proxénètes, mais aussi violences de la société et des gouvernements...

    Certains pays considèrent encore la prostitution comme un fléau social à éradiquer ou comme l'expression du désordre et de l'immoralité. A ce titre, selon les lieux, les personnes prostituées peuvent être criminalisées, rejetées ou enfermées, condamnées et publiquement humiliées...

  • Des mineurs ou des jeunes majeurs toujours plus exposés

    Parmi ces victimes, un nombre croissant de mineurs et de jeunes majeurs. Sugar babies canadiennes ou enfants des rues du Brésil ou d’Afrique du Sud, « michetonnes » parisiennes ou victimes de tourisme sexuel en Thaïlande, la prostitution des mineurs et des jeunes majeurs revêt des formes extrêmement diverses et difficiles à saisir. Si le phénomène n'est pas nouveau, il se renouvelle et s'intensifie aujourd'hui sous des formes modernes, adaptées aux nouvelles technologies.

    Mais les jeunes ne sont pas que les victimes de cette exploitation, certains sont aussi devenus des proxénètes et des clients. Les petits copains manipulateurs ou loverboys qui séduisent des jeunes filles (souvent mineures) et les contraignent à la prostitution sévissent en Allemagne, aux Pays-Bas, en France, au Canada, dans les pays des Balkans. Et les jeunes gens qui vont au bordel, seuls ou en bandes, pour affirmer leur virilité sont de plus en plus nombreux.

  • Victimes des migrations

    Notre monde vit actuellement la plus grande crise migratoire depuis la Deuxième guerre mondiale. Prises dans les conflits politiques ou militaires, les persécutions, la misère, les changements climatiques ou les catastrophes naturelles, les populations locales sont victimes d'exactions exponentielles : tortures et exploitation sexuelle, mariages et prostitution forcés, viol comme butin ou arme de guerre.

    Les personnes qui cherchent à fuir s'exposent à des risques accrus d'exploitation car les passeurs, les soldats ou les réseaux criminels sont là pour tirer profit de leur vulnérabilité, pendant le voyage, dans les camps de réfugiés ou dans les pays « d'accueil ». Ainsi, les réseaux criminels nigérians ont considérablement amplifié leurs activités et tiré profit des migrations vers l'Europe : plus de 36 000 personnes nigérianes (en majorité des femmes) auraient atteint l'Italie en 2016 ; en France, 28 % des réseaux de prostitution démantelés en 2016 étaient nigérians.

  • Les progrès technologiques au service de l'exploitation

    Internet et, de manière plus globale, les plus récentes avancées technologiques jouent un rôle central dans le développement de ces formes d'exploitation. La prostitution en ligne est une industrie en plein essor : agences d’escorting, sections « adultes » ou « massages » des sites d’annonces en ligne, propositions plus ou moins explicites sur les sites de rencontres… Les plateformes communautaires sont détournées de leur destination à des fins de prostitution : WhatsApp est utilisé par les proxénètes pour gérer leurs activités, Facebook et Tinder servent à repérer des victimes potentielles...

    Et, dernière innovation en ce domaine, l'explosion du marché des poupées et des robots sexuels qui, derrière le pittoresque, ouvre la porte à toutes les dérives : poupées sexuelles à l'effigie d'enfants, moitié de corps en silicone conçues pour des actes sexuels, bordels proposant des personnes prostituées et des robots sexuels... Ainsi, les avancées technologiques sont mises au service de l'exploitation pour mieux conforter les comportements masculins de domination et banaliser l'achat de services sexuels !

  • Un manque criant de moyens face à l'ampleur du phénomène

    Partout, le constat de l’insuffisance des moyens accordés à la lutte contre l’exploitation sexuelle, prostitution et traite des êtres humains et à la protection des victimes est évident. Nombre d’États sont dotés d’un arsenal législatif propre à lutter efficacement contre la traite en particulier, mais le principal obstacle à sa mise en oeuvre est l’absence de crédits alloués.

    Si des programmes de protection des victimes, de réinsertion et d’aide à la sortie de la prostitution existent, ils fonctionnent peu ou mal, faute de moyens financiers alloués ou diminuant au fil des années. Les différentes ONG actives sur le terrain manquent de ressources pour mener leur mission de façon optimale et faire vivre ces programmes.

  • Un débat en voie de radicalisation

    67% des victimes de traite des êtres humains identifiées sont des victimes d'exploitation sexuelle au niveau européen comme au niveau mondial. Pourtant, la traite sexuelle ne fait pas l'objet d'une attention spécifique et proportionnée à son ampleur.

    Au lieu de cela, les médias sont de plus en plus gagnés par les discours d'un puissant courant pro-prostitutionnel qui s'attache à masquer la réalité de l’exploitation sexuelle sous une illusion de normalité, voire de modernité : la prostitution serait un « travail du sexe » émancipateur pour la femme et une forme de sexualité consensuelle alternative !

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